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Les Slaves arrivent dans la péninsule balkanique vers la fin du Ve siècle av. J.-C.. De plus en plus nombreux, ce sont eux qui formeront la majorité des Bulgares d'aujourd'hui.
Tribus turcophones venues d'Asie centrale, les Bulgares apparaissent historiquement au nord de la mer Noire au Ve siècle. Selon les recherches récentes de l'académicien Bojidar Dimitrov, le premier empire bulgare, gouverné par Koubrat le Grand, s'étendait sur l'actuelle Ukraine. Sous la poussée d'une autre confédération turcophone, les Khazars, une partie des Bulgares migrent vers le nord et s'installent sur la Volga où ils fondent au VIIIe siècle un royaume bientôt islamisé et, plus tard, absorbé par les Tatars. Ce royaume s'étendait sur l'actuelle République autonome du Tatarstan, en Russie. L'un des fils de Koubrat, Asparoukh, se dirige au contraire vers l'ouest et fonde en 681 sur le bas-Danube un autre royaume bulgare occupant les actuelles Bulgarie, Macédoine, Serbie, Hongrie occidentale, Roumanie et Moldavie. Il y trouve des Slavons (qui sont des slaves installés là à partir du VIIe siècle) et des Thraces.
Ici l'histoire scientifique et l'histoire militante divergent.
Pour l'histoire scientifique, ces Thraces sont hellénisés au sud d'une ligne dite Jirecek (du nom de l'historien qui l'a découverte) et latinisés au nord de cette ligne. Pour l'histoire militante au contraire, les Thraces sont tout au plus en voie de slavisation (même si les Slavons n'étaient là que depuis 150 ans environ), mais ne sont absolument pas hellénisés ni latinisés malgré un millénaire d'influence hellénistique et six siècles de domination romaine. L'héritage turcophone des premiers Bulgares d'Asparoukh est également nié, alors qu'il existe encore des Bulgares turcophones descendant des Bulgares du Don (empire de Kubrat) : les Balkars du nord-Caucase. L'objectif de cette histoire militante est d'empêcher d'éventuelles revendications territoriales et/ou culturelles de la part des Grecs, des Roumains ou des Turcs (même s'il n'y en a aucune officiellement).
L'histoire militante relie le nom des Bulgares à la Bible. Selon cette histoire, le peuple bulgare trouve ses origines dans l'Iran actuel, plus précisément au pied des montagnes du Pamir et de l'Hindukush (Sud-est du mont Iméon). Les Bulgares seraient un des plus anciens peuples ayant survécu jusqu'à nos jours avec leur dénomination biblique. Selon l'Ancien Testament, après le Déluge, la terre fut répartie entre les fils de Noé (Shem, Hamid, Japhet). Or, selon le "Latin Chronographer of 354", les Bulgares seraient les descendants directs de Shem (c'est aussi ce que revendiquent les Juifs et les Arabes traditionnalistes). Au VIIe siècle, des géographes arméniens ont cité le peuple Bulkh, abréviation du mot Bulkhor, encore rencontré dans certains dialectes de l'Est de l'Iran et dans la langue Tadjik. Cette histoire militante, rejetée par les chercheurs, relie les premiers Bulgares à ce peuple Bulkh.
Le premier État bulgare (681-1018)
Les Bulgares d'Asparoukh fondent en 681 le premier État bulgare qui est un État multi-ethnique où le slavon s'impose progressivement comme langue usuelle, liturgique et officielle. Les Bulgares se slavisent et se christianisent sous Boris Ier. Son fils Siméon prend officiellement le titre de tsar (" César "). Au fil des siècles suivants, les populations de langue romane ou grecque (Thraces latinophones ou hellénophones) se slaviseront progressivement aussi, donnant naissance au peuple bulgare actuel. Les patronymes bulgares ont fréquemment une forme slave finissant en ...ov, ...ev ou parfois ...ski, mais les radicaux d'origine hellénique ou romane ne sont pas rares (Kaloyorgov, Fratski…).
En 865, le peuple bulgare se convertit au christianisme sous le règne de Boris Ier et adopte le slavon comme langue usuelle, liturgique et officielle, à l'origine du bulgare actuel. Dans les années 860,Cyrille et Méthode, deux moines de Salonique, adaptent l'alphabet grec à la langue slavonne : c'est la naissance de l'alphabet cyrillique (auparavant, les Bulgares écrivaient en alphabet glagolitique). Dans les siècles suivants, les Bulgares resteront en majorité fidèles à la foi orthodoxe malgré les tentatives du pape Innocent III de les convertir au catholicisme et malgré l'hérésie des Bogomiles (prêchée par le pope Bogomil) ou Cathares ("purs" en grec). L'influence byzantine (1018-1185) façonne l'Église orthodoxe tandis que le mouvement Bogomile se propage dans les pays yougoslaves, dans les Alpes et dans le sud de la France.
Le royaume de Bulgarie devient rapidement une dangereuse menace pour l'Empire byzantin. Il atteint son apogée sous Siméon Ier, fils de Boris Ier, le Charlemagne bulgare, reconnu tsar (déformation de César) en 913 par Constantinople et en 926 par Rome. Ce royaume multi-ethnique, où cohabitent des Grecs (le long des côtes), des Slavons (majoritaires), des Albanais (dans l'ouest) et des Thraces latinisés connus dans l'histoire sous le nom de " Valaques " (autour des principaux massifs montagneux, des lacs macédoniens et du Danube), s'étend considérablement : de la mer Adriatique à la mer Noire, et du nord de la Roumanie actuelle à la Thessalie. Les fastes de la cour et de l'Église contrastent avec le sort misérable des paysans sous le régime féodal. Les nombreuses guerres, le poids des impôts et le mécontentement populaire affaiblissent le premier royaume bulgare. L'empereur byzantin priva la Bulgarie de tous ses territoires compris entre le Danube, la chaîne des Balkans et la mer Noire. Le royaume occidental bulgare (969-1018) de Samuel Ier, avec Okhrid pour capitale, ne survécut pas plus d'un demi-siècle et disparaît après la défaite de Samuel face aux troupes de l'empereur byzantin Basile II, le Bulgaroctone (tueur de Bulgares) qui annexe la Bulgarie en 1014, non sans avoir fait crever les yeux de 14 000 soldats prisonniers, à l'exception de 1 sur 100, seulement éborgnés pour pouvoir conduire les autres.
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