Histoire des civilisations européennes

La 3ème guerre punique

LA DESTRUCTION DE CARTHAGE

À Rome, la méfiance envers Carthage allait croissant malgré les termes du traité que la cité avait accepté. Il fallait donc un prétexte pour reprendre les hostilités, et c'est Masinissa qui le fournit. Malgré l'héroïsme de ses derniers sursauts, Carthage était condamnée.

Grâce à leur travail acharné, les Carthaginois aidèrent leur cité à retrouver sa richesse. Au début, Hannibal participa à cet effort, mettant son immense talent au service de l'administration. Sa réforme fiscale permit à Carthage de s'acquitter de sa dette envers Rome en quelques années seulement, mais la méfiance des Romains persistait. En 195 av. J.-C, il s'exila après que Rome eut demandé à Carthage de le livrer. Des rumeurs disaient qu'il s'était réfugié auprès d'Antiochos III de Syrie, dans le but de se confronter une fois encore à Rome. Scipion l'Africain fut pour lui un allié inattendu en prenant sa défense à Rome, mais il fut incapable d'éviter la chasse aux sorcières.

Hannibal fut une fois encore la cible des Romains lorsque Rome envahit la Syrie. Il gagna alors la Crète avant de se retirer sur la côte turque. Au cours d'un combat naval avec Pergame, c'est peut-être lui qui suggéra aux Bithyniens d'envoyer sur les navires ennemis des jarres remplies de serpents venimeux. Cependant, les Romains retrouvèrent sa trace et pour leur échapper, il préféra se suicider.

Pendant cinquante ans, Carthage resta enchaînée par le traité qu'elle avait signé. Mais de nombreux patriciens romains - notamment Caton le Censeur n'étaient pas satisfaits de la situation. Pour les partisans de Caton, Carthage devait être détruite. Le vieux, mais toujours rigoureux Numide Masinissa fournit le prétexte d'une troisième guerre. Estimant que Carthage était affaiblie par son traité de paix punitif, Masinissa lança des raids sur les territoires carthaginois d'afrique du Nord. Rome ayant ignoré à plusieurs reprises les appels de Carthage, la cité déclara la guerre à Masinissa en 150 av. J.-C. Ce n'était qu'un mauvais prétexte, mais attaquant un allié de Rome, Carthage rompait le traité.
Attaque de Carthage Attaque de Carthage
Attaque de Carthage

Carthage détruite

Les anciens de Carthage demandèrent la paix. Mais Rome répondit en augmentant le tribut exigé et en ordonnant aux habitants de quitter la ville et d'aller s'établir à plus de seize kilomètres des côtes. Les Carthaginois s'opposèrent à cette seconde demande. Peuple de marins, ils décidèrent de rester et de combattre. La Troisième Guerre punique (-149 à -146 av. J.-C.) avait commencé.

Les forces armées furent rapidement réunies et se préparèrent à un siège. Cela signifiait que Rome était privée de la victoire rapide que ses consuls avaient prévue. Pendant trois ans, les troupes romaines harcelèrent les défenses carthaginoises. Contre toute attente, Carthage résista à la pression, malgré l'absence de soutien des Phéniciens le long des côtes, ce qui les pénalisa lourdement.

L'arrivée de Cornélius Scipio Aemilianus, fils d'un chef militaire renommé et petit-fils adoptif de Scipion l'Africain, finit par galvaniser les troupes dans un dernier et sanglant assaut. Des milliers de Carthaginois périrent dans des combats de rues, d'autres furent vendus comme esclaves et quelques survivants se réfugièrent en Numidie. Carthage fut détruite et l'Empire séculaire disparut. Il fut interdit de construire sur le site qui devint une partie de la province romaine d'Afrique. Toutefois, le lieu fut reconstruit après 122 av. J.-C. et les vestiges que l'on peut voir aujourd'hui datent de cette colonisation romaine.

Carthage ne fut pas la seule ville détruite en 146 av. J.-C. Plus à l'est, un des piliers de la culture grecque, Corinthe, fut détruit à la suite d'une longue série de conflits survenus dans la région entre la Deuxième et la Troisième Guerre punique.