Les Grecs colonisèrent la Sicile entre le VIIe et le VIe siècle av. J.-C. Puis ils entrèrent en conflit avec les envahisseurs phéniciens de Carthage aux VIe et Ve siècles av. J.-C. Au milieu du IIIe siècle, Carthage contrôlait les côtes ouest de la Sicile et Syracuse, la principale cité-État grecque, dominait l'est de l'île.
En 264 av. J.-C, la cité de Messina (Messine), tenue par les Mamertins, contrôlait le détroit entre la Sicile et l'Italie, par lequel passait tout le commerce de la Méditerranée. Les Mamertins qui parlaient l'oscien, étaient venus de la région italienne de Campanie en 289 av. J.-C. pour se battre pour Syracuse. Ayant soutenu la cité contre les autorités grecques, ils s'emparèrent de Messina. En 270, Hiéron, le strategos de Syracuse, avait aidé avec les Mamertins de Messina, les Romains à écraser une révolte vieille de dix ans contre les Campaniens à Rhegium. Désigné comme tyran sous le nom de Hiéron II (vers 265 à 216 av. J.-C), il décida de reprendre Messina en 264.
Le choix d'un allié pour les Mamertins balançait entre Carthage, ancienne ennemie des Grecs, et Rome, qui pouvait répondre à l'appel d'autres Italiens. Bien que la seconde option fût choisie, le Sénat romain avait trop hésité et les Carthaginois arrivèrent les premiers et installèrent leurs troupes dans la cité, ayant fait alliance avec Hiéron. Cependant, un dernier appel de Messina et un puissant groupe de pression romain qui avait des ambitions conquérantes sur la Sicile, réglèrent le problème. Hésitant encore à rompre le traité de 306, le Sénat confia la décision aux comitia tributa, qui choisirent de porter secours à Messina.
Appius Claudius Caudex (" la bûche ") en reçut le commandement. Partant de Rhegium, il fit rapidement traverser le détroit à son armée et prit Messina. Claudius permit aux Carthaginois de se retirer, à leur plus grande honte. Leur chef, l'amiral Hannon (sans lien avec l'explorateur) fut ensuite exécuté pour avoir failli à ses responsabilités. Hiéron, face à l'inévitable et préférant la domination de Rome à celle de Carthage, passa un traité avec Claudius et se retira à Syracuse.
Carthage, unie à Syracuse, déclara la guerre à Rome. Il n'y avait aucun moyen de prévoir les conséquences d'une décision. L'infanterie romaine était beaucoup plus efficace que les mercenaires de Carthage, mais la marine carthaginoise dominait sans conteste. Les Romains remédièrent à cette faiblesse en construisant de nouveaux navires. La chance tourna en leur faveur, et ils gagnèrent la guerre pour Messina, bien que Carthage ait gardé une base sicilienne.
Les Romains se tournèrent alors vers l'Afrique du Nord sans considérer les risques de l'entreprise. En 256 av. J.-C, les tentatives de Carthage pour repousser la flotte romaine échouèrent. La bataille avait été très coûteuse pour les deux camps. Mais l'Afrique représentait un pas de trop pour les Romains, dont la longueur des lignes de ravitaillement avait atteint ses limites. Les Carthaginois, combattant sur leur propre territoire avec des renforts grecs, repoussèrent les envahisseurs.
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| Une Quadrirème Romaine, première guerre Punique, 260 av.JC. |
Le général Spartiate Xanthippos donna un nouvel élan à Carthage et l'aida à réorganiser son armée. Les éléphants chargeant en première ligne et l'habileté de la cavalerie numide réduisirent les forces romaines de quinze mille à deux mille hommes. Parmi les cinq cents prisonniers figurait le général romain Marcus Attilius Regulus.
Toutefois, Carthage ne sut pas exploiter stratégiquement ce succès et n'engagea aucune poursuite ou harcèlement des survivants, qui furent plus tard secourus sur la côte d'Afrique. Mais cette mission de sauvetage fut totalement balayée par les ravages d'une tempête qui coûta à Rome environ cent mille hommes. Rome et Carthage se retirèrent pour panser leurs blessures.
Quelques mois plus tard, Rome était de nouveau prête à partir au combat avec pour objectif la Sicile. À la suite d'un violent assaut sur Palermo (Païenne), les Romains s'installèrent dans la riche cité de ce port naturel. Mais toutes leurs tentatives pour obtenir le contrôle de la Sicile s'avérèrent infructueuses : les adversaires se trouvaient face à une impasse. L'engagement carthaginois souffrait de soulèvements en Afrique, et les efforts défensifs transformèrent le conflit en guerre d'usure.
Une des victimes fut Hasdrubal, le fils de l'amiral Hannon. Après deux ans en Sicile, il avait perdu l'avantage face aux Romains et, comme son père, fut sommairement exécuté pour ses fautes. Les chefs romains qui échouaient dans leur tâche ne recevaient qu'un blâme ou étaient publiquement disgraciés.
Une ultime victoire navale des Romains à Aégates (10 mars 241 av. J.-C.) força les Carthaginois à se rendre. Leur commandant, le grand Hamilcar Barca (mort en 228 av. J.-C), renonça après avoir perdu cinquante navires sans espoir de renfort. Cette victoire, qui donnait aux Romains une incontestable domination maritime, annonçait la chute des places fortes puniques en Sicile. Ainsi, Rome avait conquis sa première colonie outre-mer.
La Première Guerre punique se termina par un traité signé en 241. Carthage pouvait retirer son armée de Sicile, mais devait payer une lourde indemnité de trois mille deux cents talents sur dix ans.
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Copyright : Stéphane Jeanneteau |
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